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MD Codes avant/après : quels résultats attendre ?

Les MD Codes™ visent un visage qui paraît moins fatigué, moins triste, plus harmonieux et toujours naturel. Ils ne visent pas un visage transformé, et encore moins un « nouveau visage ». Sur les photos avant/après, on voit surtout des tempes moins creuses, des pommettes mieux soutenues, un cerne moins marqué, une ligne de mâchoire et un menton plus définis. Le changement se lit à l’échelle du visage entier plutôt que sur une ride précise.

Ce que veut dire « résultat » avec les MD Codes™

Un objectif différent de l’approche classique

Dans l’approche classique du comblement, le patient montre un pli (sillon nasogénien, ride d’amertume) et le médecin le comble. Le système développé par Maurício de Maio part d’un constat différent : les patients demandent souvent la correction de défauts (lignes, plis) qui sont rarement la vraie cause de leur insatisfaction, et une approche plus globale, centrée sur les messages émotionnels du visage (par exemple avoir l’air moins triste), peut améliorer la satisfaction.

Le « résultat » se définit donc moins par « le pli a disparu » que par « le visage transmet un message plus favorable ». Cela change la façon de lire les images : on regarde l’expression au repos, l’aspect reposé, la structure, plus que la profondeur d’un sillon.

Les trois piliers

Selon les présentations du système, le traitement se construit en trois temps : la fondation, l’équilibre et le contour, puis le raffinement. En pratique :

  • La fondation rétablit le soutien profond, là où l’os et les tissus profonds se sont résorbés. Elle concerne les pommettes, les tempes, parfois le menton et l’angle de la mâchoire. Le résultat visible est un visage « mieux tenu », avec des ombres moins creuses.
  • L’équilibre et le contour affinent les proportions et la silhouette : ovale du visage, transitions entre les zones, ligne mandibulaire.
  • Le raffinement traite les détails de surface (lèvres, fines lignes, cernes), souvent avec de l’acide hyaluronique plus superficiel et parfois de la toxine botulique.

L’étude de Bertossi décrit la même logique : l’injection profonde apporte le soutien structurel, l’injection plus superficielle dans la graisse assure le contouring, et l’usage intradermique d’acide hyaluronique et/ou de toxine botulique sert au raffinement.

md codes avant apres

Une nomenclature qui structure le résultat

Les « codes » sont des sous-unités anatomiques d’injection. Pour la joue et les tempes, l’article original en distingue par exemple : Ck1 arcade zygomatique, Ck2 éminence zygomatique, Ck3 joue antéro-médiane, Ck4 joue latérale inférieure/région parotidienne, Ck5 région sous-malaire ; T1 tempe antérieure, T2 tempe postérieure ; Tt1 à Tt3 régions infra-orbitaires centrale, latérale et médiale.

D’après des sources cliniques, le système couvre l’ensemble du visage : front, pommettes et tempes, joues, cernes, lèvres, sillons nasogéniens, mâchoire, plis d’amertume, menton, angles mandibulaires.

Ce codage a un intérêt concret pour le patient : il standardise la démarche. Deux praticiens formés devraient, en théorie, cartographier et traiter le visage de façon comparable, ce qui réduit la variabilité. Cette promesse est justement celle de l’auteur : le système vise à réduire la variabilité des aspects techniques du traitement par acide hyaluronique.

75 points, environ 12 mL

Deux chiffres reviennent souvent. Le premier est celui des points d’injection : 75 points d’injection possibles, définis à partir du relief osseux, des compartiments graisseux et des structures vasculaires et nerveuses, chacun associé à une indication précise (combler, soutenir, relâcher ou lifter). Le second est le volume : un article de vulgarisation évoque 12 seringues comme nombre « magique » selon l’auteur, avec un résultat plus naturel parce que tout le visage est traité, et l’étude de cas sérielle citée plus bas rapporte des patients traités avec 12 mL d’acide hyaluronique Juvéderm Vycross par patient.

Ce volume est considérable par rapport à un comblement ciblé classique. Il n’est pas systématique : il dépend du visage, de l’âge, de la morphologie, du budget et de la tolérance du patient. Nous y reviendrons.

Le résultat typique, zone par zone

Les descriptions ci-dessous reflètent la logique du système et ce que la pratique clinique en attend en général. Elles ne remplacent ni les données d’études ni un examen personnalisé.

Tempes (T1, T2)

Des tempes creusées donnent un visage plus anguleux et plus âgé, avec un effet « crâne » autour de l’œil. Le comblement rétablit une courbe continue entre le front et la pommette. Sur un avant/après, on observe des tempes plus pleines, un regard moins marqué et un contour plus doux. Le risque d’excès est une tempe trop bombée qui alourdit le haut du visage. C’est une zone anatomiquement sensible (structures vasculaires), qui demande un praticien expérimenté.

Pommettes et joue (Ck1 à Ck5)

C’est le cœur du « lifting » sans chirurgie. En rétablissant le soutien de la pommette et du tiers moyen, on repositionne visuellement les tissus. Sur photo, on voit un tiers moyen plus ferme, un pli nasogénien atténué sans l’avoir directement rempli, et un visage plus « en V ». Le piège classique est la joue trop pleine, qui donne un aspect arrondi ou « gonflé » de face.

Cernes (Tt1 à Tt3)

Le sillon infra-orbitaire est une zone délicate : la peau est fine, les bosses ou reflets bleutés (effet Tyndall) et l’œdème persistant sont des complications possibles. Un bon résultat se traduit par une transition plus lisse entre la paupière et la joue, un regard plus reposé. Un mauvais résultat s’en éloigne nettement : poches, teinte bleutée, gonflement chronique.

Menton, mâchoire, angles mandibulaires

Ces zones structurent le bas du visage. Un menton plus projeté, une mâchoire plus nette et un angle mieux défini donnent un profil plus équilibré et compensent le relâchement. C’est l’une des zones où l’effet avant/après est le plus visible en vue de profil ou de trois quarts, d’où l’importance de comparer les mêmes angles avant et après.

Lèvres, sillons, plis d’amertume

Ils relèvent surtout du raffinement. L’objectif n’est pas de « remplir » mais de corriger la contribution de ces zones à l’expression (bouche qui tombe, aspect triste). Un résultat naturel est modéré : une lèvre reste mobile et souple.

Front et haut du visage

Le haut du visage combine souvent comblement et toxine botulique (l’étude de Bertossi rapporte que 89,6 % des patients avaient été traités dans le haut du visage). La toxine agit sur les muscles (rides d’expression), le comblement sur le volume.

MD CODES avant après : les résultats attendus

Immédiatement après

L’effet de volume est visible dès la séance. Mais cet aspect immédiat est trompeur : un léger œdème est habituel, il gonfle temporairement le résultat. Photographier « juste après » exagère souvent l’effet, comme l’image de la patiente de 53 ans « immédiatement après le traitement » citée plus haut.

Les premiers jours

Gonflement, sensibilité et petits hématomes sont fréquents avec les injections de comblement. Ils régressent en quelques jours à deux semaines selon les zones et les personnes. Les cernes et les lèvres gonflent plus facilement.

Deux à quatre semaines

Le produit se stabilise et s’intègre aux tissus. C’est le moment où l’on évalue le résultat « réel », et où l’on décide d’éventuelles retouches. Une photographie de contrôle à ce stade est la plus honnête.

Durée dans le temps

L’acide hyaluronique est progressivement dégradé par l’organisme. Sa durée d’effet varie fortement selon le produit, la zone (plus courte dans les zones mobiles, plus longue dans les zones profondes et peu mobiles), le métabolisme et la quantité. Elle se compte en général en mois, souvent de l’ordre de 6 à 18 mois, parfois davantage pour les zones structurelles, mais ce sont des ordres de grandeur, pas des garanties. Un traitement d’entretien est donc nécessaire pour conserver l’effet.

Un point mérite attention : la persistance de l’acide hyaluronique dans les tissus peut être plus longue que l’effet visible, comme le suggèrent des travaux récents sur la persistance à long terme de l’acide hyaluronique et ses implications pour la pratique. C’est un argument pour éviter d’ajouter de grandes quantités à intervalles rapprochés.

MD Codes : photo avant/après

Les photos avant/après sont très persuasives et très faciles à biaiser, y compris sans mauvaise intention. Voici les points de contrôle.

Les conditions de prise de vue sont-elles identiques ?

Éclairage, angle de la tête, distance, focale, expression, maquillage, coiffure. Une tête légèrement inclinée vers le haut « efface » les poches et allonge le cou. Un éclairage zénithal creuse les cernes et les plis. Une même patiente peut sembler avoir 10 ans de moins ou de plus simplement avec une lumière différente.

Combien de temps après ?

Un « après » pris tout de suite montre l’œdème. Un « après » à 3 ou 4 semaines montre le résultat stabilisé. Un « après » à 6 mois montre la tenue. Méfiez-vous des photos sans mention de délai.

Le patient a-t-il eu un autre traitement ?

Toxine, laser, soins de peau, peeling, changement de poids ou de coiffure peuvent contribuer à la différence. Si le « avant/après » est censé illustrer les MD Codes, vérifiez qu’il ne s’agit pas d’un protocole associé à des traitements complémentaires non mentionnés. L’étude de Bertossi elle-même associait de l’acide hyaluronique et de la toxine onabotulinique.

Est-ce un cas représentatif ?

Les publications et les sites de cliniques présentent souvent les meilleurs cas. Demandez à voir plusieurs patients de votre âge, de votre morphologie, avec votre type de problème, y compris des résultats plus modestes. Demandez aussi si les photos sont retouchées (c’est interdit ou fortement encadré dans plusieurs pays pour la publicité médicale).

Le résultat est-il « naturel » ou seulement « différent » ?

Le meilleur avant/après en esthétique est parfois celui où l’on ne sait pas exactement ce qui a changé, mais où le visage paraît reposé. À l’inverse, un visage plus large, des joues très pleines ou une mâchoire trop marquée sont des signes de surcorrection.

 Regardez les expressions, pas seulement le repos.

Un visage doit rester mobile. Demandez des photos ou des vidéos en sourire et en mouvement.

 Sécurité : le vrai sujet derrière un beau résultat

Un beau résultat n’a de sens que s’il est sûr. Voici l’essentiel.

Complications fréquentes et bénignes

Gonflement, rougeur, douleur, hématomes, asymétries transitoires. Ils régressent seuls.

Complications gênantes

Nodules, irrégularités, effet Tyndall (reflet bleuté d’un produit trop superficiel), migration de produit, œdème persistant (surtout aux cernes), surcorrection d’aspect artificiel. Beaucoup peuvent se corriger, notamment par la hyaluronidase, enzyme qui dissout l’acide hyaluronique.

Complications graves mais rares

L’occlusion vasculaire est la complication la plus redoutée : elle peut provoquer une nécrose cutanée et, dans les cas les plus graves, une atteinte visuelle. Les publications sur ce sujet soulignent que la perte de vision après filler d’acide hyaluronique est presque toujours de survenue immédiate. Les signes d’alerte sont une douleur inhabituelle, un blanchiment ou un aspect marbré de la peau, des troubles visuels. Ils imposent d’arrêter l’injection et d’agir sans délai : hyaluronidase et prise en charge médicale urgente.

Ce que la nomenclature apporte à la sécurité

La construction du système à partir de la connaissance de l’anatomie et des variantes osseuses, des compartiments graisseux, des structures vasculaires et nerveuses est censée réduire les risques en indiquant où et à quelle profondeur injecter. Dans l’étude de Bertossi, aucun problème de sécurité majeur n’a été observé. Mais une série rétrospective, même de 250 patients, ne peut pas exclure des événements rares : l’absence de signal ne prouve pas une absence de risque.

Ce que vous pouvez exiger

  • Un médecin, formé à l’anatomie de la face et aux complications.
  • De la hyaluronidase disponible sur place.
  • Un protocole d’urgence expliqué.
  • Des produits tracés (traçabilité, dispositifs médicaux marqués CE).
  • Une information écrite sur les risques.

Le volume : « 12 mL » signifie quoi pour vous ?

Un ordre de grandeur, pas une norme

Les études rapportent des volumes globaux élevés, avec un exemple documenté de 12 mL par patient. Pour un patient, cela signifie :

  • Plusieurs séances possibles. Beaucoup de praticiens répartissent le traitement pour laisser le tissu se stabiliser, évaluer et éviter de tout injecter d’un coup.
  • Un coût important. À ce volume, le budget est nettement supérieur à une simple retouche. Les tarifs varient beaucoup d’un pays à l’autre et d’un praticien à l’autre.
  • Un effet cumulatif à surveiller. Refaire régulièrement de gros volumes pose la question de l’accumulation de produit sur plusieurs années. Là encore, les données de long terme manquent, comme l’indique la littérature récente sur la charge cumulée en filler.

Pour qui, et pour quoi ?

Les profils qui en bénéficient le plus

  • Visage qui a perdu du volume (tempes creusées, tiers moyen aplati, aspect fatigué) avec une peau encore de bonne qualité.
  • Patients qui se plaignent d’un « air fatigué ou triste » sans savoir pourquoi.
  • Personnes qui souhaitent un résultat naturel, progressif, sans chirurgie ni arrêt d’activité.
  • Patients qui acceptent un entretien régulier.

Les cas où les résultats seront plus limités

  • Relâchement cutané marqué : le comblement ne remplace pas un lifting chirurgical. Trop de volume sur une peau très détendue peut alourdir.
  • Excès de graisse ou de poids dans le bas du visage : l’ajout de volume peut aggraver l’aspect.
  • Qualité de peau (photo-vieillissement, taches, rides fines) : les fillers n’y répondent pas. D’autres traitements (laser, peelings, boosters) sont plus adaptés.
  • Attentes irréalistes : vouloir un autre visage, ou copier une célébrité.

Contre-indications générales du comblement

Grossesse et allaitement, infection active locale, maladies auto-immunes évolutives ou allergies sévères, troubles de la coagulation ou traitements anticoagulants (à discuter), attentes irréalistes ou fragilité psychologique (dysmorphophobie). Le praticien doit les rechercher, et cette liste n’est pas exhaustive.

Vos questions à poser avant de décider

  1. Quelle est votre formation aux MD Codes ou à l’anatomie de la face ? Et depuis combien de temps pratiquez-vous ?
  2. Puis-je voir des avant/après de patients comme moi, avec les délais et les conditions de prise de vue ?
  3. Quel est votre plan de traitement pour moi ? Combien de séances, quelles zones, quels produits, quels volumes, et pourquoi ?
  4. Que ferez-vous si un résultat ne me convient pas ? Retouche, dissolution, coût éventuel.
  5. Quelles complications avez-vous déjà rencontrées, et comment les avez-vous prises en charge ?
  6. Avez-vous de la hyaluronidase sur place ? Quel est votre protocole en cas de suspicion d’occlusion vasculaire ?
  7. Quel est le coût total, et l’entretien à prévoir sur 2 à 3 ans ?
  8. Quelles alternatives ou compléments (toxine, laser, chirurgie) seraient plus adaptés à ma situation ?

Un praticien sérieux répond simplement à ces questions, sans pression ni promesse de résultat garanti.

 Synthèse : quel résultat, concrètement ?

Ce que vous pouvez raisonnablement attendre

  • Un visage qui paraît plus reposé et mieux soutenu, avec des ombres moins creuses aux tempes, aux joues et sous les yeux.
  • Une amélioration de l’harmonie globale, pas d’un seul pli.
  • Un aspect naturel si le praticien est mesuré.
  • Un résultat progressif, à apprécier après stabilisation (plusieurs semaines), pas le jour même.
  • Un effet temporaire qui demande un entretien.

Ce que les données permettent d’affirmer

  • Sur une série de 250 patients, l’approche a produit des améliorations esthétiques significatives sans problème de sécurité majeur observé.
  • Des séries de cas rapportent une amélioration des attributs émotionnels et sociaux et un aspect naturel.
  • Une base anatomique (dissections, échographie) soutient la logique des points d’injection.

Ce qu’il faut retenir

Les MD Codes™ sont un cadre méthodique, cohérent sur le plan anatomique, qui aide un praticien formé à traiter le visage de façon globale et reproductible. Le résultat dépend d’abord de trois choses que le système ne remplace pas : le jugement du praticien, votre anatomie et la mesure dans les volumes. Méfiez-vous des avant/après spectaculaires, des promesses de « nouveau visage » et de toute pression sur le nombre de seringues. Un bon résultat est celui dont on ne sait pas dire exactement ce qui a changé, seulement que le visage paraît plus reposé.