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Pour qui les MD Codes ne sont pas adaptés ?

Les MD Codes™ sont une méthode d’injection d’acide hyaluronique qui traite le visage dans son ensemble, en restaurant le soutien, les proportions et les détails de surface. Comme tout comblement, elle ne convient pas à tout le monde, et elle ne répond pas à tous les problèmes. On peut distinguer quatre grandes familles de situations où elle est déconseillée, insuffisante ou à différer :

  1. Les contre-indications médicales, où le risque dépasse le bénéfice (grossesse, infection active, allergies sévères, certaines maladies ou antécédents locaux).
  2. Les limites anatomiques, où le problème n’est pas un manque de volume mais un excès de peau, de graisse ou un problème osseux ou dentaire.
  3. Les situations psychologiques, où le traitement ne résoudra pas la souffrance, voire l’entretiendra.
  4. Les situations pratiques, où le contexte (âge, calendrier, budget, absence de suivi) rend le traitement inopportun.

Une précision de méthode : je n’ai pas trouvé, dans les publications sur les MD Codes™ que j’ai pu consulter, une liste d’exclusion propre au système. Les critères ci-dessous reposent donc sur les principes généraux du comblement à l’acide hyaluronique et sur le bon sens clinique, appliqués à une approche qui traite beaucoup de zones et souvent de gros volumes. Ce texte est informatif : la décision revient toujours à un médecin qui vous a examiné.

Rappel : ce que les MD Codes™ font, et ce qu’ils ne font pas

Ce qu’ils font

Le système, développé par Maurício de Maio, propose une cartographie du visage en codes d’injection (par exemple Ck1 à Ck5 pour la joue, T1 et T2 pour la tempe, Tt1 à Tt3 pour la région infra-orbitaire). Il organise le traitement en trois temps : la fondation (soutien profond), l’équilibre et le contour, puis le raffinement (détails de surface). L’objectif affiché est de réduire la variabilité technique et d’améliorer les attributs émotionnels du visage, par exemple paraître moins fatigué ou moins triste.

Ce qu’ils ne font pas

Un comblement, même très bien mené, ajoute du volume et modifie des reliefs. Il ne peut pas :

  • retendre une peau distendue ;
  • enlever de la graisse ou de la peau en excès ;
  • traiter la qualité de la peau (taches, pores, fines rides, texture) ;
  • corriger un problème osseux ou dentaire important ;
  • remplacer un lifting, une blépharoplastie ou un traitement dermatologique quand ceux-ci sont la vraie réponse ;
  • traiter une souffrance psychologique liée à l’image du corps.

MD Codes avant/après : quels résultats attendre ?

Un contexte à garder en tête

L’étude de série la plus large que j’ai identifiée (Bertossi et al., 250 patients consécutifs, étude rétrospective monocentrique) portait sur une population d’âge moyen de 39,4 ans, à 80,4 % féminine, et concluait à des améliorations esthétiques significatives sans problème de sécurité majeur observé. Deux enseignements pour notre sujet. Les données sont plus rassurantes pour des patients adultes encore jeunes que pour des visages très relâchés. Et il existe peu de données solides sur les profils atypiques : patients très âgés, peaux très altérées, antécédents complexes, polymédication. Absence de preuve n’est pas preuve de danger, mais c’est un motif de prudence.

Les contre-indications médicales des MD Codes

Ces situations sont classiques pour tous les produits de comblement. Certaines sont dites absolues (on ne traite pas), d’autres relatives (on discute, on prend des précautions, ou on reporte). Seul un médecin peut trancher au cas par cas, et la liste ci-dessous n’est pas exhaustive.

Grossesse et allaitement

Les fillers ne sont pas testés de façon suffisante chez la femme enceinte ou qui allaite, et les fabricants ne recommandent pas leur usage dans ces situations. Ce n’est pas une preuve de danger, c’est un défaut de données, et un traitement esthétique n’a aucune urgence qui justifierait de prendre ce risque. Une harmonisation du visage se reporte. Précaution supplémentaire : un visage change pendant la grossesse (prise de poids, œdème, modifications hormonales), et les résultats obtenus à ce moment ne seraient pas représentatifs.

Infection ou inflammation active

Herpès labial en poussée, acné inflammatoire sévère dans la zone, infection cutanée, dermatite, plaie ouverte, inflammation locale : injecter à travers ou près d’une zone infectée peut propager l’infection et augmenter le risque de complications. Une poussée d’herpès à proximité de la bouche demande d’attendre la guérison ; chez les personnes sujettes aux récidives, certains praticiens discutent d’une prévention antivirale, ce qui relève d’une décision médicale.

Même logique en cas d’infection générale récente (grippe, angine), de problème dentaire actif (abcès, infection de dent, soins lourds) ou d’intervention dentaire prévue. Beaucoup de praticiens conseillent de laisser un intervalle de plusieurs jours à quelques semaines autour d’un soin dentaire important, d’une vaccination ou d’une infection, car les suites inflammatoires peuvent interagir avec le produit. Le délai exact varie selon les praticiens et n’est pas standardisé : demandez-le à votre médecin.

Allergies et hypersensibilité

Sont concernés :

  • l’hypersensibilité connue à l’acide hyaluronique ou à un composant du produit ;
  • l’allergie à la lidocaïne ou aux anesthésiques locaux du même groupe, car beaucoup de produits en contiennent ;
  • les antécédents de réactions allergiques sévères (anaphylaxie), notamment à plusieurs substances.

L’acide hyaluronique moderne est en principe bien toléré, mais les réactions allergiques ou inflammatoires retardées existent, rares. Une personne aux antécédents d’allergies multiples ou sévères doit en parler franchement avant tout traitement, et le praticien peut décider de s’abstenir.

Maladies auto-immunes et inflammatoires

Lupus, sclérodermie, polyarthrite, autres maladies auto-immunes évolutives : le sujet est débattu. Ces maladies peuvent rendre les réactions inflammatoires aux produits injectés plus imprévisibles, et beaucoup de praticiens sont réticents en période de poussée ou de maladie mal contrôlée. En maladie stable, une décision peut être prise avec le spécialiste traitant. C’est typiquement un cas où l’avis de votre médecin spécialiste compte plus que celui de l’esthéticien.

Troubles de la coagulation et anticoagulants

Une tendance aux saignements, une maladie de la coagulation ou un traitement anticoagulant ou antiagrégant augmentent le risque d’hématomes, parfois importants, notamment dans des zones fragiles comme le cerne ou la lèvre. N’arrêtez jamais de vous-même un traitement prescrit pour un problème cardiaque, vasculaire ou neurologique : c’est votre médecin qui décide, et il peut estimer qu’un geste esthétique ne justifie pas de modifier un traitement. Il est parfois plus raisonnable de renoncer, ou de limiter le traitement à des zones à faible risque.

Certains compléments et médicaments courants (aspirine, anti-inflammatoires, huile de poisson à forte dose, ginkgo, vitamine E à forte dose) augmentent le risque d’ecchymoses. Signalez-les : ils ne contre-indiquent pas le traitement, mais peuvent justifier d’en décaler la date.

Antécédents de mauvaise cicatrisation

Cicatrices chéloïdes ou hypertrophiques, antécédent de granulome après injection, mauvaise cicatrisation généralisée : le risque de réaction inflammatoire nodulaire ou de cicatrice est plus élevé et doit être discuté.

Fillers permanents ou semi-permanents antérieurs

C’est un point crucial et souvent sous-estimé. Si vous avez reçu par le passé du silicone liquide, du PMMA, de l’hydrogel de polyacrylamide ou tout produit non résorbable, ou si vous ne savez plus quel produit a été utilisé :

  • il faut le dire ;
  • le praticien doit évaluer les zones concernées (examen, parfois imagerie par échographie) ;
  • injecter de l’acide hyaluronique par-dessus ou autour peut être déconseillé ; les produits permanents peuvent provoquer des réactions tardives, imprévisibles, parfois des années après.

Un système à cartographie précise comme les MD Codes™ suppose de connaître l’état réel des tissus. Un visage avec des produits inconnus n’est pas une page blanche.

MD Codes : L’harmonisation du visage, sans l’effet « filler »

Immunodépression et pathologies générales

Immunodépression (traitements immunosuppresseurs, chimiothérapie, infection VIH non contrôlée, diabète très mal équilibré), maladies évolutives lourdes : le risque d’infection ou de mauvaise réponse augmente. La décision doit se prendre avec le médecin référent, et souvent on diffère.

Certaines situations vasculaires ou locales

Des antécédents de chirurgie ou de radiothérapie du visage, de traumatisme important, de rhinoplastie ou de chirurgie de la face modifient l’anatomie et la vascularisation, ce qui accroît le risque de complications vasculaires. Le praticien doit connaître ces antécédents pour adapter ou renoncer à certaines zones. L’occlusion vasculaire reste la complication la plus redoutée du comblement : elle peut entraîner une nécrose cutanée et, plus rarement, une atteinte visuelle. Un visage remanié chirurgicalement, avec des trajets vasculaires possiblement modifiés, ne se traite pas « selon la carte standard ».

Quand l’anatomie ou la peau limitent le résultat

C’est le cœur du sujet pour beaucoup de patients : ils ne sont pas contre-indiqués, mais un comblement n’est pas la bonne réponse, ou seulement une partie de la réponse.

Relâchement cutané marqué

Quand la peau est nettement distendue (abajoues importantes, cou relâché, joues tombantes, excès de peau), ajouter du volume peut donner un visage plus lourd et plus large, sans le rajeunir. La logique de « soutenir pour repositionner » des MD Codes™ fonctionne d’autant mieux que la peau conserve une certaine élasticité. Au-delà d’un certain degré de relâchement, un lifting chirurgical, des techniques de resserrement de la peau ou un traitement combiné sont souvent plus pertinents.

Un signe qui doit alerter : un praticien qui promet un effet « lifting » spectaculaire sur un visage très relâché uniquement avec des seringues.

Excès de graisse ou de volume préexistant

Un visage plein, un bas du visage empâté, des bajoues liées à un excès de tissu adipeux : le comblement peut accentuer l’impression de lourdeur. Dans ces cas, on parle plutôt de poids, d’amincissement localisé, de traitements de la graisse ou de resserrement. Ajouter du volume à un visage déjà volumineux est rarement un bon calcul.

Les MD Codes™ visent à corriger des déficits de volume et de soutien. Si votre problème est un excès, vous êtes probablement hors cible.

Poches, excès de paupière et cernes de nature différente

Tous les cernes ne sont pas des creux. Les poches graisseuses (hernies de graisse), la peau de paupière en excès, les cernes pigmentaires (coloration brune) ou vasculaires (teinte bleutée liée à la finesse de la peau et aux vaisseaux) ne se traitent pas de la même manière. Un comblement sur une poche marquée peut aggraver le relief. La région infra-orbitaire est l’une des zones les plus délicates, avec un risque d’œdème persistant et de reflet bleuté (effet Tyndall) si le produit est mal placé ou inadapté. Un bon examen distingue le creux, la poche et la pigmentation, et oriente vers le bon traitement : acide hyaluronique adapté, laser, peeling, ou blépharoplastie.

Ptôse des sourcils ou du regard

Un regard qui paraît fatigué à cause de sourcils tombants, d’un excès de peau sur la paupière supérieure ou d’une ptôse de la paupière ne se corrige pas par du volume sur les tempes seul, même si une tempe creusée peut y contribuer. Un bilan de la région périorbitaire est nécessaire, parfois avec l’avis d’un chirurgien ou d’un ophtalmologiste.

Problèmes osseux, dentaires ou de mâchoire importants

Une rétrognathie marquée (menton très en retrait), une malocclusion, un déséquilibre des mâchoires, une asymétrie osseuse notable : le comblement peut masquer partiellement, mais il ne corrige pas la cause et peut nécessiter de gros volumes qui ne sont pas idéaux. Une évaluation orthodontique ou de chirurgie maxillo-faciale peut être la bonne première étape. Le comblement du menton ou de la mâchoire est un excellent outil d’ajustement, pas un substitut à un traitement de fond quand celui-ci est nécessaire.

Qualité de peau altérée

Peau très abîmée par le soleil, taches, rides fines, pores dilatés, cicatrices d’acné, teint terne : ces problèmes relèvent de la dermatologie esthétique (peelings, lasers, microneedling, boosters de peau, soins médicaux) plutôt que du volume. Un avant/après « rajeunissant » ne peut pas s’appuyer sur du volume seul si la peau est le problème principal. Une des publications que j’ai consultées le rappelle à sa manière : les échelles d’amélioration globale saisissent bien l’impression générale, mais elles ne remplacent pas l’analyse de chaque composante du vieillissement.

Asymétries marquées

Presque tous les visages sont asymétriques. Le comblement peut atténuer une asymétrie, mais pas la « gommer ». Si la demande est de corriger une asymétrie importante d’origine osseuse, musculaire ou nerveuse (paralysie faciale, par exemple), le traitement est plus complexe, et un avis spécialisé est nécessaire. Un système standardisé donne un cadre, mais une asymétrie marquée demande une stratégie sur mesure.

Quand la demande relève d’abord d’un autre soutien : attentes et santé psychique

C’est le chapitre le plus délicat, et le plus important éthiquement. Un praticien responsable ne traite pas seulement un visage, il répond à une demande.

La dysmorphophobie (trouble de la perception corporelle)

Le trouble dysmorphique corporel se caractérise par une préoccupation excessive pour un défaut physique, minime ou imaginaire, qui entraîne une souffrance importante et des comportements répétitifs (se regarder sans cesse, se comparer, chercher à camoufler, multiplier les consultations). Les personnes qui en souffrent se tournent souvent vers la médecine esthétique, et les résultats sont en général décevants : la souffrance persiste, la demande de retouches se répète, et le traitement peut aggraver la situation.

Quelques signaux d’alerte, à prendre comme des indices et non comme un diagnostic :

  • une préoccupation quasi permanente pour un détail que l’entourage ne voit pas ;
  • une détresse importante, des évitements sociaux, des difficultés au travail ou dans la vie relationnelle à cause de l’apparence ;
  • des demandes multiples et changeantes (« maintenant c’est le nez, puis le menton, puis les lèvres ») ;
  • l’impression que le traitement va tout résoudre, y compris les difficultés de vie ;
  • une insatisfaction persistante après des traitements pourtant techniquement réussis.

Dans ce contexte, un praticien éthique ne traite pas et oriente vers un soutien adapté (médecin, psychologue, psychiatre). Ce n’est pas un jugement : c’est de la protection. Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, en parler à un professionnel de santé mentale est une démarche utile en soi.

Attentes irréalistes

Vouloir « le visage de » quelqu’un d’autre, une transformation radicale, un effet identique à un filtre ou à une photo retouchée, un résultat qui efface l’âge : ces attentes ne peuvent pas être satisfaites par un comblement. Les MD Codes™ visent un visage plus reposé et plus harmonieux, avec un aspect naturel, pas une métamorphose. Si l’écart entre votre attente et ce qui est réalisable reste grand après explication, le traitement n’est pas adapté.

La pression d’un tiers

Une demande qui vient d’un conjoint, d’un employeur, d’un entourage, ou motivée principalement par la peur de perdre quelqu’un ou un poste, est un mauvais point de départ. Un traitement esthétique satisfaisant repose sur un désir personnel, pas sur une injonction.

Le moment de vie

Deuil, séparation, dépression, période de stress intense, événement traumatique récent : décider d’une transformation du visage à ce moment est risqué. L’envie de « changer quelque chose » est compréhensible, mais le regard sur soi est souvent altéré. Il est raisonnable de différer la décision de plusieurs mois. Si une souffrance psychique est présente, elle mérite d’abord une écoute. Si vous traversez des idées noires ou une détresse importante, parlez-en à un professionnel de santé ou à une ligne d’écoute de votre pays sans attendre ; ce n’est pas un sujet que la médecine esthétique doit gérer.

Le cycle des retouches

Certaines personnes entrent dans une spirale : chaque traitement est suivi d’un nouveau défaut perçu, d’une nouvelle zone, d’une nouvelle séance. Les MD Codes™, par leur logique globale et leurs nombreux points, peuvent donner l’impression qu’il « reste toujours quelque chose à traiter ». Un bon praticien sait dire « ça suffit », et un bon patient doit accepter qu’un visage n’est pas un chantier permanent.

MD Codes : Âge trop tôt, trop tard

Les mineurs

Le comblement esthétique du visage n’est pas indiqué chez le mineur : le visage est en croissance, les décisions d’apparence sont influencées par l’âge, la pression des pairs et les réseaux sociaux, et il n’y a pas de bénéfice médical justifiant le risque. La réglementation varie selon les pays, mais un praticien responsable refusera. Les besoins réels d’un adolescent (acné, complexes, harcèlement) relèvent d’autres réponses : dermatologie, soutien psychologique.

Les jeunes adultes sans déficit réel

Un visage de 20 ou 25 ans n’a en général pas de déficit de volume à corriger. Chercher à « prévenir » par du comblement à cet âge, ou à imiter un canon vu en ligne, expose à des risques sans bénéfice et peut modifier des proportions déjà harmonieuses. Il existe des indications chez le jeune adulte (menton fuyant, cernes constitutionnels, asymétrie), mais elles doivent être posées sur un besoin réel, avec mesure. La série de Bertossi, avec un âge moyen proche de 40 ans, rappelle que le cœur de la cible est plutôt l’adulte qui commence à perdre du soutien.

Les visages très âgés ou très fragiles

À l’autre bout, chez les personnes très âgées, avec une peau fine et fragile, des comorbidités, des traitements anticoagulants ou une fonte importante des tissus, le comblement peut être moins efficace, plus risqué (hématomes, œdème, fragilité vasculaire), et le résultat plus difficile à rendre naturel. Ce n’est pas une contre-indication en soi : c’est une situation où l’on avance avec plus de prudence et où d’autres options (soins de peau, chirurgie adaptée) sont à considérer.

Les situations pratiques qui rendent le traitement inopportun

 Le délai trop court

« J’ai un mariage dans trois jours. » Le comblement provoque des œdèmes et des ecchymoses possibles, et l’aspect définitif se juge après plusieurs semaines. Un traitement global à quelques jours d’un événement est une mauvaise idée. Comptez plusieurs semaines de marge, davantage si plusieurs séances sont prévues, et envisagez de commencer bien avant.

 Un budget inadapté

Les approches globales utilisent souvent de gros volumes (un exemple documenté est de 12 mL d’acide hyaluronique par patient dans une série de cas), avec une durée d’effet limitée et un entretien nécessaire. Se lancer sans avoir évalué le coût total sur plusieurs années, puis interrompre à mi-parcours ou au premier renouvellement, laisse parfois un visage dont les proportions ne sont plus celles qui avaient été prévues. Mieux vaut un traitement plus modeste et tenable qu’un projet ambitieux qu’on ne pourra pas entretenir. Les prix varient beaucoup selon les pays et les praticiens : ne choisissez pas sur le tarif seul, c’est un mauvais critère en médecine esthétique.

 L’absence de suivi possible

Un bon traitement suppose une consultation de contrôle, éventuellement une retouche, et un accès rapide au praticien en cas de problème. Si vous voyagez, si le praticien est à l’étranger ou difficilement joignable, ou si vous ne pouvez pas revenir, c’est un facteur de risque. Le tourisme médical esthétique, avec un traitement puis un retour immédiat à l’étranger, prive du suivi et complique la prise en charge d’une complication.

 Un mode de vie ou une profession particuliers

Un exemple de bon sens : si vous pratiquez un sport de contact ou une activité avec risque de coups au visage dans les jours suivants, il faut décaler. Autre exemple : certaines professions d’image (comédiens, présentateurs) demandent une planification précise pour éviter que les suites du traitement ne coïncident avec un tournage.

Le refus de l’information

Si vous ne souhaitez pas être informé des risques, des alternatives et des limites, ou si le praticien ne prend pas le temps de le faire, le traitement n’est pas adapté. Le consentement éclairé fait partie de l’acte.

Quand d’autres options sont plus adaptées comparées aux MD Codes

Voici, à titre d’orientation, quelques exemples. Le choix dépend d’un examen personnalisé.

Votre problème principal Piste souvent plus adaptée
Peau distendue, abajoues, cou relâché Chirurgie de rajeunissement (lifting), techniques de resserrement cutané
Excès de paupière, poches marquées Blépharoplastie ou avis d’un spécialiste des paupières
Rides d’expression du haut du visage Toxine botulique, seule ou en complément
Taches, teint terne, fines rides, cicatrices d’acné Peelings, lasers, microneedling, soins dermatologiques
Peau sèche, manque d’éclat Boosters de peau à base d’acide hyaluronique non réticulé, soins cutanés
Retrait osseux important du menton ou de la mâchoire Avis orthodontique ou de chirurgie maxillo-faciale
Excès de graisse localisé Prise en charge du poids, techniques de traitement de la graisse, chirurgie selon le cas
Perte de volume importante et durable Autres options volumisantes ou chirurgicales à discuter (par exemple transfert de graisse)
Souffrance liée à l’image de soi Consultation psychologique ou psychiatrique

Le cumul de produit et les corrections à envisager d’abord

Un visage déjà beaucoup traité

Si vous avez déjà reçu de nombreuses injections, parfois par plusieurs praticiens, vous pouvez présenter une accumulation de produit, des migrations, des irrégularités, un aspect « gonflé » ou une perte de définition. Dans ce cas, appliquer une nouvelle cartographie complète par-dessus n’est pas toujours la meilleure idée. Le point de départ peut être d’évaluer, voire de dissoudre une partie du produit avec de la hyaluronidase, avant de reconstruire.

Un article récent que j’ai consulté souligne que les outils habituels d’évaluation captent la satisfaction globale et l’amélioration perçue mais ne quantifient pas la charge cumulée de produit ni la persistance tissulaire à long terme. Le sujet est donc peu mesuré, et il est prudent de ne pas empiler à l’aveugle.

Le visage « surcorrigé »

Joues trop pleines, tempes bombées, lèvres figées, mâchoire trop large : ces résultats ne sont pas rares dans la médecine esthétique en général. Ils tiennent souvent à des volumes excessifs ou à un mauvais placement, pas à un système précis. La lettre critique publiée à propos des MD Codes™ recommande d’interpréter avec prudence les volumes rigides prescrits, ce qui rappelle que la méthode n’exonère pas du jugement clinique.

Ne pas commencer par un « tout »

Pour un patient sans expérience du comblement ou hésitant, il peut être plus sage de commencer par une zone (par exemple les tempes ou le menton), d’évaluer, puis de compléter. Un traitement global d’emblée n’est pas obligatoire.

MD Codes : Que se passe-t-il quand on arrête les injections ?

Comment un bon praticien de MD Codes refuse votre candidature ?

Refuser de traiter est un signe de sérieux, pas de faiblesse. Voici à quoi ressemble un refus de bonne qualité.

  • Il explique pourquoi, en termes clairs : risque médical, indication inadaptée, moment inopportun.
  • Il propose autre chose : une alternative, une orientation vers un confrère ou un spécialiste, un traitement partiel, un délai.
  • Il ne vous culpabilise pas et respecte votre demande, même quand il n’y répond pas.
  • Il vous parle de sécurité, y compris des signes d’alerte à connaître et de la marche à suivre en cas de problème.

À l’inverse, voici des signaux d’alerte chez un praticien :

  • il promet un résultat garanti ou spectaculaire ;
  • il ne vous examine pas sérieusement, ou ne pose pas de questions sur vos antécédents ;
  • il pousse à traiter plus de zones ou à acheter des forfaits ;
  • il n’a pas de plan d’urgence ni d’hyaluronidase disponible ;
  • il minimise les risques ou refuse d’en parler ;
  • il ne vous demande pas si vous avez déjà eu des injections ;
  • il cherche à traiter un jour même, sans délai de réflexion, en insistant sur une promotion.

Une liste de questions à vous poser avant d’envisager des injections MD Codes

Répondre honnêtement à ces questions peut vous aider à savoir si le moment est bon.

  1. Mon problème est-il un manque de volume ou de soutien, ou plutôt un excès de peau, de graisse, un problème de qualité de peau ou dentaire ?
  2. Suis-je enceinte, allaitante, ou en train de planifier une grossesse ?
  3. Ai-je une infection, une poussée d’herpès, une inflammation ou un soin dentaire en cours ou prévu ?
  4. Ai-je des allergies sévères, une maladie auto-immune, un trouble de la coagulation ou un traitement anticoagulant ?
  5. Ai-je déjà eu des produits de comblement, y compris permanents ? Est-ce que je sais lesquels ?
  6. Mes attentes sont-elles réalistes : un visage plus reposé, pas un autre visage ?
  7. Est-ce ma décision, ou celle d’un tiers ?
  8. Ai-je le budget pour l’entretien à moyen terme, pas seulement la première séance ?
  9. Ai-je le temps, avant un événement, pour laisser le résultat se stabiliser ?
  10. Puis-je revoir mon praticien en cas de besoin ?
  11. Si le résultat ne me convient pas, suis-je prêt à en parler, à attendre, voire à faire dissoudre ?

Synthèse : les profils pour lesquels les MD Codes™ ne sont pas adaptés

Contre-indiqués ou à reporter pour raison médicale

  • Grossesse et allaitement
  • Infection ou inflammation active dans la zone, ou infection générale récente
  • Allergie connue à l’acide hyaluronique ou aux anesthésiques locaux contenus dans le produit, antécédent de réaction allergique sévère
  • Maladie auto-immune évolutive, immunodépression non contrôlée
  • Trouble de la coagulation ou anticoagulants, à discuter avec le médecin prescripteur
  • Antécédents de mauvaise cicatrisation ou de réaction granulomateuse
  • Produits permanents ou inconnus dans la zone
  • Chirurgie ou traumatisme récents du visage, anatomie modifiée

Peu efficaces ou insuffisants selon l’anatomie

  • Relâchement cutané marqué
  • Excès de graisse ou visage déjà volumineux
  • Poches, excès de paupière, cernes pigmentaires ou vasculaires
  • Problème osseux, dentaire ou de mâchoire important
  • Altération majeure de la qualité de peau
  • Asymétrie marquée d’origine osseuse, musculaire ou nerveuse

À réorienter ou différer pour raisons psychologiques

  • Suspicion de dysmorphophobie
  • Attentes irréalistes
  • Demande sous pression d’un tiers
  • Période de vie fragile
  • Spirale de retouches

Inopportuns pour raison d’âge ou de contexte

  • Mineurs
  • Jeunes adultes sans déficit réel
  • Personnes très fragiles ou très âgées sans évaluation adaptée
  • Délai trop court avant un événement
  • Budget ou suivi impossibles
  • Refus d’information sur les risques

Savoir à qui un traitement ne convient pas fait partie de la compétence, au même titre que de savoir le réaliser. Les MD Codes™ offrent un cadre cohérent et reproductible pour traiter un visage qui a perdu du volume et du soutien, mais ils n’ont pas de vocation universelle. Ils ne remplacent ni la chirurgie, ni la dermatologie, ni un accompagnement psychologique, et ils exigent un examen honnête de votre état de santé, de votre anatomie et de vos motivations.